Article paru ICI http://kazimir.eklablog.com/le-bonheur-a119469226 en 2015 et toujours d'actualité...
Le bonheur
(par défi !) si le bonheur était une illusion, et j'ai eu l'imprudence de promettre de faire un article entier sur le sujet. C'était bien présomptueux de ma part, alors pour me tirer d'affaire sans me noyer dans un pompeux laïus "philosophique", je reprends le texte de ce PPS. Le voici, un peu modifié par moi, comme à mon habitude...
** * * *
On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite après en avoir eu un autre.
Plus tard on se sent frustré parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands, on pense que l'on sera mieux quand ils le seront.
On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture, ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite...
La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent.
Si ce n'est pas maintenant, ce sera quand ?
Pendant longtemps j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer, la vraie vie !
Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu'il fallait résoudre en premier, un aménagement non terminé, un temps à passer, une dette à payer.
Et alors la vie allait commencer.
Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles.... étaient justement ma vie.
J'ai alors compris que le bonheur n'est pas une destination, et qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur, à un bonheur qui serait
" au bout du chemin " : le bonheur, c'est le chemin.
Le bonheur est le chemin quand on partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps, marchant avec nous sur ce chemin.
Le temps n'attend pas.
Alors il faut, nous aussi, nous arrêter d'attendre...
d'attendre de terminer ses études, d'augmenter son salaire, de se marier, d'avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison, ou simplement d'attendre le vendredi soir, le dimanche matin... le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver.
Il faut arrêter d'attendre et décider qu'il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux.
** * * *
Bon, ces paroles, nous les avons lues cent fois.
Il n'est pas inutile de les relire, même si en pratique ce n'est pas évident de suivre ce conseil !
Je voudrais cependant tenter une réponse plus précise à la question de LN.
Bien sûr que le bonheur n'est pas une illusion : on l'éprouve au dedans de soi.
Une idée peut-être une illusion, pas une émotion, pas ce qu'on éprouve.
Si je suis transporté par la beauté d'un coucher de soleil, si je suis bouleversé par le sourire d'un enfant, je le suis : c'est une réalité.
La question est de savoir si des illusions (des idées) peuvent me rendre heureux.
Elles le peuvent, hélas.
Momentanément.
Et aussi des drogues.
Mais là, on marche vers l'abîme.
Le socle solide du bonheur est la vérité, il n'y en a pas d'autre.
** * * *
Reste une question bien difficile.
Quand est arrivé un grand malheur, comment fait-on ?
Il n'y a pas de recette : on fait comme on peut.
Mais dans ce cas encore c'est la vérité qui doit être notre guide, notre boussole, et notre chemin , alors, de fait, passe par la souffrance, par la souffrance extrême.
Fuir cette souffrance, la masquer (par exemple par des drogues) est la pire des solutions.
Il faut voir la vérité en face, vivre cette souffrance sans détourner son regard.
Fuir ne délivre jamais.
Mais plus que jamais il faut vivre cela en la présence d'une autre personne.
Alors sera traversée cette "vallée à l'ombre de la mort" ce "ravin des ténèbres"
dont parle si bien le psaume 22 ( 23 dans la bible hébraïque).
Alors se lèvera peut-être un nouveau soleil.
Le bonheur n'est pas une illusion mais il faut passer, forcément, un jour, par cette vallée des ténèbres.
On croit souvent que la souffrance, le malheur, c'est le contraire du bonheur.
Pas si sûr.
Le contraire du bonheur, c'est d'avoir le coeur sec.
Mais là, on touche au mystère de chacun.
** * * *
