J'ai retrouvé, suivant mon tirage au sort habituel dans les malles de trésors de Khaz, cet article :
En voici un extrait et je ne pouvais pas ne pas y ajouter le poème de Baudelaire chanté par l'excellent Georges Chelon, cet éternel oublié pourtant si grand. Et aussi un diaporama que j'avais illustré avec un autre très beau poème, "Elévation"
[...] Un de vos commentaires sur mon précédent article, qui présentait un étang perdu dans le brouillard, fut celui-ci :
douceur et sérénité ...
ces deux mots ont éveillé en moi trois autres mots " Luxe, calme et volupté "
Ces deux états d'être semblent diamétralement opposés
mais ils s'appellent l'un l'autre
comme le jour appelle la nuit
comme la nuit appelle le jour
comme l'homme désire la femme
comme la femme désire l'homme.
" Luxe, calme et volupté "est le titre que Matisse a donné à un de ses tableaux en 1904, alors qu'il expérimentait le pointillisme :

Ce titre, il l'avait lui-même emprunté à une poésie que Charles Baudelaire avait publiée en 1857 dans " les fleurs du mal ".
Ce poème était intitulé " L'invitation au voyage ".
Je vous en rappelle le début :
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Voilà.
Je voulais seulement équilibrer cet étang dans le brouillard
par cette mer dans le soleil,
dans la somptuosité des couleurs,
dans la joie des relations humaines.
L'un appelle l'autre :
dans le Yin se cache le Yang, dans la douleur se blottit, toute tremblante, la joie, dans la solitude s'élève un appel à la présence. [...]