A nos mamans disparues...
Khaz a rédigé plusieurs très touchants articles à propos des mamans. En voici un, publié initialement ICI
C'est une certitude : j'ai un problème avec les fêtes et les anniversaires !
Jamais je ne m'y suis intéressé. Ce n'était pas dans nos traditions familiales.
Mais je me rends compte maintenant que cela tenait à un rabougrissement des émotions, ou plutôt à une répression de leur manifestation.
Il ne fallait pas dire de mots tendres.
Pourquoi ?
C'était une sorte d'anesthésie affective et cela recouvrait d'un pansement d'indifférence apparente, une immense souffrance, cachée, niée, accumulée sans doute depuis des siècles...
Il n'y avait, dans cet état de fait, aucun responsable (comme longtemps je l'ai cru) mais des générations de victimes, qui se repassaient, de parents à enfants, leur handicap affectif, le blindage défensif de leurs armures rouillées.
Une sorte de tristesse de base, d'interdit de jubiler, même si nous percevions la beauté du monde.
Cela fait penser à un rosier dont les boutons n'auraient pas eu le droit de s'ouvrir.... à des arbres fruitiers essayant de vivre sur une coulée volcanique
avec la perspective d'une inévitable désertification.
Mais voilà : parfois se lève un vent mauvais, une vague sombre qui menace de tout submerger.
C'est alors que nait en notre coeur l'image de notre mère, tendre, attentive, pleine de grâce et de gentillesse, cette mère que nous avons peut-être eue, ou que nous aurions aimé avoir.
Ah, si elle était là, nous pourrions enfin lui dire ces mots que pour ma part je n'ai jamais pu dire : maman, je t'aime.

Tu es la joie de ma vie, la lumière de mon coeur, la source de mon intelligence !

Comme j'aimerais aujourd'hui revivre, mais cette fois pleinement, les jeux de mon enfance, en ta présence.
Je le sais maintenant, je le comprends enfin, c'est ça, et seulement ça, qui aurait comblé ton coeur d'un bonheur sans limite.
Je voudrais t'offrir quelques fleurs.
Mais je ne le puis plus, maintenant, matériellement.
Alors je les offre à toutes les mamans du monde qui attendent désespérément que leur enfant leur dise : maman, je t'aime.
Que se lève pour elles toutes, et pour ma maman, cette joie sans limite de l'amour transmis, cette joie plénière : lumière du monde.