Khaz a également eu des réflexions philosophiques dans plusieurs de ses articles.
Voici un poème du philosophe Parménide, dans son article http://lachenaie.over-blog.fr/article-promenades-philosophiques-4-le-poeme-de-parmenide-de-la-nature-112443111.html
De la Nature
Les Cavales qui m'emportent m'ont mené où mon âme me poussait.
Sur la route, entre toutes connues, du divin, elles se sont élancées.
Sur la route qui mène à travers l'Univers l'homme qui réfléchit.
C'est par là que je fus mené, c'est par là que les Cavales très habiles m'ont conduit.
Et elles menaient mon char, et les Vierges m'indiquaient la route.
De chaque côté tournaient et m'entraînaient les roues, et l'essieu dans les moyeux chauffait et criait comme crie une flûte,
lorsque les Filles du Soleil, pour me guider, ont abandonné les demeures de la Nuit,
ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête, et vers la lumière m'ont conduit.
C'est là que se trouvent les portes qui, sur les chemins de la Nuit et du Jour, sont fermées,
avec en haut une poutre transversale, et en bas un seuil dans la pierre façonné,
et les portes, dressées dans l'air, sont fermées par de puissants battants.
Et la Justice, irréductible, garde les verrous au double mouvement.
Les Vierges l'ont abordée, avec des mots pleins d'adresse et bien doux,
et elles ont obtenu d'elle qu'elle retirât le verrou du pêne qui maintenait la porte,
et les battants s'ouvrirent tout grands et firent glisser les ronds
dans les écrous garnis de cuivre et munis de chevilles et d'agrafes.
Et tout droit à travers l'ouverture, les Vierges menèrent vite le char attelé et leurs montures.
La Divinité me regarda et me reçut avec bienveillance,
et elle me prit ma main droite dans sa main, et elle dit les paroles suivantes :
" Ô garçon, qu'accompagnent les immortelles meneuses de poulains,
Ô toi qu'ont emmené jusqu'à nous et conduit les chevaux, je te salue bien !
Car ce n'est pas un sort funeste qui t'a fait prendre la route que tu as prise,
et qui est si éloignée des chemins frayés par les humaines entreprises,
mais c'est la Justice et le Droit, et il faut que tout te soit révélé,
aussi bien le coeur impassible de la vérité qui forme un cercle parfait,
que les opinions humaines, auxquelles il ne faut ajouter aucune créance assurée.
Allons, je vais parler, et toi, prête l'oreille à ce que tu vas entendre de moi :
Pour atteindre à la connaissance de l'Univers, il n'y a que deux voies.
L'une affirme l'existence de l'Être, et dit qu'il est impossible que l'Être ne soit pas.
Voilà la route de la Certitude. C'est la méthode qui accompagne la Vérité du même pas.
L'autre affirme l'inexistence de l'Être, l'existence du Non-Être.
Je dis que cela n'est qu'un mauvais sentier où l'on ne peut rien connaître.
On ne peut pas saisir le Non-Être, puisqu'il est hors de notre portée, on ne peut pas le définir.
Tandis qu'il n'y a pas de différence entre l'Être et sa pensée. "
On trouve sur internet d'autres versions de ce texte ... J'ai pensé publier cet article, car récemment je suis tombé sur le texte attribué à Socrate, " les trois passoires", que je vous mets ci-après.
Un jour, quelqu’un vint interpeller le grand philosophe avec un “on dit”. Socrate proposa alors trois filtres à son interlocuteur afin de déterminer si son information méritait d’être développée.
“– Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
– Un instant. Avant que tu ne m’en dises plus, j’aimerais te faire passer le test des trois passoires.
– Les trois passoires ?!
– Mais oui, reprit Socrate. C’est ma façon à moi d’analyser ce que j’ai à dire et ce qu’on me dit. Tu vas comprendre… La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
– Non. J’en ai simplement entendu parler…
– Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.
– (…)
– Alors passons à la deuxième passoire : ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?
– Ah non ! Au contraire.
– Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es pas certain qu’elles soient vraies.
– Euh…
– Pour finir, et c’est ma troisième passoire, est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
– Utile, non, pas vraiment.
– Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, à quoi bon m’en parler ?”