
photo prise dans le jardin de Gala et Dali, à Port Lligat, près de Cadaquès
Aujourd'hui le mot magique c'est Dali, parce que je travaille actuellement sur un diaporama, à partir de photos prises dans son musée, et de son opéra "être Dieu"
et hop, on arrive ici ( extrait de l'article http://kazimir.eklablog.com/un-reve-d-oiseaux-en-plein-hiver-a211568318 )
Nous parlions du rêve, et envisagions que nous pouvions fonctionner (penser) de deux façons différentes, l'une éveillée, l'autre dans le sommeil, avec un mode de pensée particulier, que nous appelions le rêve. En fait il y a sans doute de nombreuses autres façons de penser.
Il m'arrive assez souvent de somnoler (état intermédiaire ?) et de voir alors défiler des images. Il ne s'agit pas d'un rêve structuré, où se déroule une histoire plus ou moins mouvementée, dont je pourrais parfois me souvenir au réveil, et écrire si j'en prends le temps.
C'est ainsi que me sont venues des images, que je vais essayer de mettre en mots. Embryon de rêve, embryon de poésie ? ... Peut-être une tentative d'échapper à la grisaille qui écrase le ciel depuis des jours et des jours, et de retrouver l'époque où je vivais dans un grand jardin avec des animaux autour de moi.
Voici.
Très bref rêve d'oiseaux.
Un pinson ordinaire, du jardin hôte fidèle,
se promenait sans crainte, picorant l'herbe tendre,
puis, perché dans un arbre, siffla sa ritournelle.
Un troglodyte mignon, pas plus gros qu'une souris,
surgit sous un buisson, et par là et par ci,
sa petite queue dressée lui servant de fanion.
De véloces hirondelles, chassant les moucherons,
inscrivaient dans le ciel leurs parafes à foison,
avec de petits cris pour exprimer leur joie.
Aglou aglou aglou, glougloutait le dindon,
mon dieu que je suis beau dans mes glorieux jupons,
et que ma dinde est belle sous ses fines dentelles !
Vint alors un pigeon
mais je me réveillais,
le ciel était tout gris
comme le fond d'un chaudron.
Voilà.
Dans ma tentative de mettre ça en images, j'ai voulu dessiner un dindon. Et j'ai deux choses à dire à ce sujet. D'abord qu'il m'est apparu très difficile de représenter correctement cet animal au plumage fantasque (digne de Salvador Dali !). Et deuzio, que le plaisir de jouer avec les mots m'a poussé à dire des choses inexactes concernant la dinde, car elle n'a pas de dentelles. C'est un oiseau très modeste, au plumage discret destiné à rendre cet animal peu visible lorsqu'il couve (à terre je suppose).
Nous avons eu une fois un couple de ces oiseaux. Le mâle était bien cet oiseau extraordinaire, qui semblait imbu de lui-même, paradant sans cesse et semblant tellement satisfait de sa propre beauté. Mais un jour il est mort. Sa dinde n'a pas eu un veuvage prolongé : elle a refusé de se nourrir. Je la prenais, la câlinais, tentais de la persuader de prendre de bonnes choses. En vain : elle ne voulait rien absorber. Puis elle a disparu, et je l'ai retrouvé trois jours après, morte à son tour, au pied d'un pin sylvestre chez mon voisin.
Bye bye.